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Blog mis à jour: 29/10/2008 19:49

A propos de l'auteur

Je suis mort dans la nuit du 26 au 27 septembre 1940, dans un hôtel minable de Portbou, à la frontière espagnole. Un suicide à la morphine, que je détenais d'un ami médecin.

Je tentais de fuir l'invasion des nazis. Ces sadiques étaient bien décidés à m'assassiner. Je n'ai pas voulu leur laisser le plaisir de me torturer et de m'enfermer dans un de leurs camps de rééducation, comme ils disaient. En fait : des camps d'extermination plus ou moins lente mais très barbare. Plusieurs de les amis avaient déjà subi ce sort. Je pense en particulier souvent à Carl von Ossietsky, que ces barbares ont détruit en six mois de détention "ré-éducative", soi-disant- et qu'ils n'ont "libéré " que pour qu'il aille crever ailleurs...

Aujourd'hui je sais que j'ai commis une erreur. Les choses auraient pu se dérouler autrement et j'aurais sans doute pu me tirer d'affaire. Mais il est plus facile de juger a posteriori. Sur le coup, le suicide m'est apparu comme la seule issue possible.

C'est tout le problème de l'instant vécu et de son aura. L'aura est un concept de l'image et de l'instant qui m'a toujours été cher. Finalement, j'en ai le payé le prix, de ma vie. Je ne suis certainement pas le seul à avoir versé un tel tribut, mais probablement le seul qui en ait eu une conscience aussi aigüe.

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   AU FEU !!
[10/05/2008 17:49]

Le 10 mai ! Vous pensez tous au 10 mai 1981, évidemment. Normal et OK.

Mais vous devriez vous remémorer aussi et surtout le 10 mai 1933.

Bücherverbrennung 2.jpg

Un événement d'Etat, retransmis par la radio et la presse de l'époque. S'il y avait eu la télé, vous auriez eu droit à un ces super direct sur TF1 et le reste...

Bücherverbrennung 1.jpg

En France, à l'époque, on a rigolé de ces étudiants allemands (au service de la propagande NS) qui brûlaient leurs bouquins sur la place de l'Opéra à Berlin.

Des étudiants : c'est marrant. En mai 68 en France, des étudiants ont bien fait des trucs du même genre en déversant des poubelles sur la tête de leurs profs. Ok : ce n'était pas comparable...

Ouais, mais au Cambodge, dans les terribles années 70-80, les Khmers rouges n'ont pas fait autre chose. Sauf que eux ils ont aussi brûlé les hommes, comme les Nazis.

D'ailleurs Heinrich Heine (1797-1856), qui a connu la persécution politique (dans l'Allemagne des despotes princiers du 19°siècle) et l'exil (en France) écrivait : " On commence par brûler des livres et puis on finit par brûler des hommes".

Du coup,  ces abrutis de Nazis ( ça veut dire "National-Socialiste") ont brûlé tout ce qui leur tombait sous la main et qui leur semblait un tant soit peu suspect de non "nationalisme", voire d'être internationaliste et/ou juif.

Les auteurs brûlés(symboliquement) allaient de Marx et Engels (les pères fondateurs du communisme, il est emps de lire ou relire le Manifeste du Parti Communiste et l'Ideologie allemande), en passant par Franz Kafka ( un Juif de Prague qui osait écrire en allemand, l'auteur du Château et du Procès), Bertold Brecht (le grand Brecht et son théâtre mais aussi sa poésie), Thomas Mann (Prix Nobel de littérature), Erich Kästner (La conférence des animaux), Erich Maria Remarque (Auteur du best-seller A l'Ouest rien de nouveau, un roman contre la guerre), Stefan Zweig ( auteur autrichien du Monde d'hier ou les mémoires d'un Européen), et beaucoup d'autres encore.

Tous ces auteurs n'étaient pas seulement des juifs. Ils avaient avant tout en commun de penser en hommes libres.

L'étonnant dans tout ce bordel organisé, c'est que ces abrutis de nazis n'aient pas osé s'en prendre à Goethe ni à Schiller. Peut-être parce que ces deux monstres sacrés de la littérature, de la poésie et de la pensée ont leur monument à Weimar... Les nazis n'étaient hélas pas si nazes (désolé pour ce triste jeu de mots) et ont su les récupérer. Si leurs crimes s'étaient arrêtés là...

Parmi les livrs livrés au bûcher, il y avait aussi les miens, moi, Walter Benjamin.

Permettez-moi de me citer : " Ceux qui oublient le passé sont condamnés à le revivre".

Nous vivons aujourd'hui une époque terrible où tout peut basculer très vite.

Le guignol A.H. déclarait en mars 1933 : "Peuple allemand, donne -moi quatre ans..." On connaît la suite.

On ne connaît pas encore les suites de la décadence présidentielle française. Nous avons quatre ans pour contrer et réparer l'erreur fatale commise il y a un an.

Au fait : merci aux courageux journalistes de MARIANNE pour leur numéro titrant un autre guignol :

PUTAIN, QUATRE ANS !

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